
Appel de textes : Voix ouvrière / Workers’ Voice
Le mouvement ouvrier au Canada, comme ailleurs sur le globe, est confronté à d’importants défis dans une conjoncture qui est marquée par l’accroissement des inégalités de richesse, la crise environnementale, une répression accrue de la dissidence, la croissance des attaques au droit d’association et de manifestation. La montée de l’extrême droite s’accompagne notamment d’une recrudescence du racisme, du sexisme et des attaques contre certains groupes sociaux, minorités visibles, religieuses et sexuelles, etc.
Afin de répondre à ces enjeux urgents, Silke Neunsinger souligne, dans un article à paraître dans Labour / Le Travail, que « l'histoire du travail élargit l'horizon des possibilités politiques en préservant des expériences à travers lesquelles les travailleurs et travailleuses ont affronté l'incertitude, organisé collectivement et imaginé des alternatives sociales. »[1] Faisant écho à l’appel de Neunsinger à adopter une approche « collaborative et coproduite » de l'histoire du travail, nous croyons que les chercheuses et les chercheurs doivent s’engager à titre de partenaires dans la diffusion des expériences de mobilisations et des connaissances qu’elles génèrent, afin de servir de moteur de transformation sociale. Au-delà du monde universitaire, les mouvements sociaux génèrent des connaissances essentielles qui méritent d’être documentées, non seulement pour la mémoire historique, mais surtout pour pouvoir être adaptées et mises en œuvre dans d’autres contextes militants.
À cette fin, nous cherchons des articles pour un numéro spécial de la revue Labour / Le Travail coédité par Lauren Laframboise et Benoit Marsan qui explorera la Voix ouvrière / Workers’ Voice. Les articles, en français ou en anglais, seront d’une longueur de 10 000 à 12 000 mots (incluant les notes de bas de page) et pourront être de nature méthodologique, théorique, historiographique ou traiter de recherches ou de créations passées ou présentes mettant en valeur la « Voix ouvrière » et sa diffusion. Conséquemment, les contributions s’inscrivant ou s’intéressant à une démarche d’histoire vue d’en bas, d’histoire orale, d’enquête ouvrière, ou encore, aux projets d'histoire publique, ou de nature artistiques, culturels ou collaboratifs sont particulièrement bienvenues. Nous invitons également les apports non universitaires de personnes impliquées dans les milieux syndicaux, militants, et communautaires.
Pour signaler votre intérêt, veuillez faire parvenir un titre provisoire ainsi qu’une courte description de votre proposition d’article d’ici le 30 septembre 2026 aux adresses courriels suivantes : lauren.laframboise@concordia.ca, marsan.benoit.2@uqam.ca
La date limite pour soumettre votre article complet est le 1er décembre 2026. Plus de détails sur les consignes de soumission sont disponibles à :
https://lltjournal.ca/index.php/llt/about/submissions
À propos de Lauren Laframboise et Benoit Marsan :
Lauren Laframboise est doctorante au Centre d’histoire orale et de récits numérisés du département d’histoire de l’Université Concordia. Elle est également militante syndicale au sein du Syndicat des travailleuses et travailleurs de la recherche et de l’enseignement de Concordia (CREW – CSN).
Benoit Marsan est professeur associé et chargé de cours au département d’histoire de l’Université du Québec à Montréal, ainsi que chargé de cours au département de relations industrielles de l’Université du Québec en Outaouais. Il est également agent de relations de travail au Syndicat des professeures et professeurs enseignants de l’UQAM (SPPE – CSN).
[1] Silke Neunsinger, “History for Future Struggles: Labour History, Collective Experience, and the Politics of Possibility,” Labour / Le travail, à paraître. (Notre traduction)
